Évaluation finale du partenariat programmatique pluriannuel de prévention et de réponse aux violences basées sur le genre au Soudan du Sud

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Expirée
UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la population)Soudan du SudPubliée le 29/07/2026Expirée le 06/08/2026

Introduction

Le bureau de pays de l’UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la population) au Soudan du Sud souhaite commanditer une évaluation finale indépendante du partenariat programmatique pluriannuel pour la prévention et la réponse aux violences basées sur le genre (VBG) au Soudan du Sud, mis en œuvre de juillet 2023 à septembre 2026.

L’évaluation fournira une appréciation indépendante et fondée sur des données probantes de la performance, des réalisations, des difficultés, des enseignements tirés et de la contribution globale du projet à l’amélioration de l’accès à des services intégrés de prévention, d’atténuation des risques et de réponse aux VBG, ainsi qu’aux services de santé sexuelle et reproductive (SSR), au bénéfice des populations affectées par la crise au Soudan du Sud.

Elle s’inscrit dans l’engagement de l’UNFPA en faveur de la redevabilité, de la transparence, de l’apprentissage organisationnel, de la prise de décision fondée sur les données probantes et de l’amélioration continue de la programmation humanitaire. Les conclusions et recommandations soutiendront la mobilisation future de ressources, la conception des programmes, le développement des partenariats et le dialogue sur les politiques aux niveaux national et international.

L’évaluation devrait produire des recommandations concrètes pour renforcer la programmation humanitaire et de nexus à venir, tout en contribuant à un apprentissage plus large sur la prévention et la réponse aux VBG dans des contextes humanitaires complexes.

Contexte général

Le Soudan du Sud demeure l’une des crises humanitaires les plus complexes et les plus prolongées au monde. Des années de conflit, des déplacements récurrents, des catastrophes d’origine climatique, des épidémies, le déclin économique et l’insécurité alimentaire continuent de générer d’immenses besoins humanitaires à travers le pays.

Les femmes et les filles restent touchées de manière disproportionnée par les risques de protection, notamment les VBG, les pratiques néfastes, l’exploitation et les abus sexuels (EAS) et l’accès limité à des services de protection et de santé de qualité. Les déplacements, la perte des moyens de subsistance, l’affaiblissement des structures sociales et la réduction de l’accès aux services essentiels aggravent encore les vulnérabilités et accroissent l’exposition à la violence et à l’exploitation.

Face à ces défis, l’UNFPA, avec l’appui de la DG-ECHO (direction générale de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire européennes de la Commission européenne), a mis en œuvre un partenariat programmatique pluriannuel axé sur le renforcement de services intégrés de prévention et de réponse aux VBG en contexte humanitaire.

Le programme a été conçu pour répondre à la fois aux besoins humanitaires immédiats et aux obstacles structurels sous-jacents qui perpétuent la violence à l’égard des femmes et des filles. Il a combiné des approches de prévention communautaires, des services de réponse centrés sur les survivantes, des interventions de renforcement des capacités, le développement de systèmes et un appui institutionnel afin d’améliorer la qualité, l’accessibilité et la pérennité des services de lutte contre les VBG.

Le programme s’est appuyé sur un cadre stratégique pluriannuel structuré autour de quatre piliers interconnectés :

  • Pilier I : mobiliser les hommes et les garçons dans la prévention et la réponse aux VBG.
  • Pilier II : renforcer les capacités des prestataires de services, des institutions et des structures communautaires.
  • Pilier III : étendre des services intégrés et multisectoriels de prévention et de réponse aux VBG.
  • Pilier IV : lutter contre la sous-déclaration des VBG, renforcer la production de données probantes et améliorer l’accès aux services pour les groupes de survivantes mal desservis.

Le programme a été mis en œuvre au moyen de points de prestation de services fixes, d’équipes mobiles de proximité, d’espaces sûrs pour les femmes et les filles (WGFS), de structures de sensibilisation communautaire, de systèmes de référencement, d’initiatives de renforcement des capacités, de distributions de kits de dignité et de services intégrés de SSR et de prise en charge clinique du viol (CMR). La mise en œuvre s’est faite en partenariat avec des partenaires d’exécution locaux et internationaux, des structures communautaires, des mécanismes de coordination humanitaire et les populations affectées.

Alors que le programme touche à sa fin, l’UNFPA souhaite évaluer dans quelle mesure il a atteint ses objectifs et contribué au renforcement des systèmes de prévention et de réponse aux VBG au Soudan du Sud.

Objet, objectifs et champ de l’évaluation

Objet

L’objectif global de l’évaluation est d’apprécier la performance, l’efficacité, la contribution stratégique et la pérennité du partenariat programmatique pluriannuel et de déterminer dans quelle mesure le programme a atteint ses objectifs et résultats escomptés. L’évaluation servira à la fois des finalités de redevabilité et d’apprentissage.

Du point de vue de la redevabilité, elle fournira des données indépendantes sur la performance du programme, l’utilisation des ressources, l’atteinte des résultats et la contribution aux résultats humanitaires. Du point de vue de l’apprentissage, elle identifiera les enseignements tirés, les innovations, les approches réussies et les difficultés susceptibles d’éclairer la future programmation humanitaire, les partenariats stratégiques et le renforcement institutionnel.

Objectifs

L’évaluation poursuivra six objectifs principaux :

  1. Apprécier la pertinence des interventions et leur adéquation à l’évolution du contexte humanitaire et aux besoins de protection des populations affectées.
  2. Déterminer dans quelle mesure le programme a atteint ses produits, effets et objectifs stratégiques.
  3. Apprécier l’efficacité et l’efficience des approches de mise en œuvre, des dispositifs de partenariat, des mécanismes de coordination et des processus de gestion adaptative.
  4. Examiner la contribution du programme au renforcement des capacités institutionnelles, des structures communautaires, des systèmes et des mécanismes de prestation de services.
  5. Évaluer l’intégration et l’efficacité des engagements transversaux et des principes humanitaires tout au long de la mise en œuvre.
  6. Identifier les enseignements tirés, les bonnes pratiques, les innovations et des recommandations stratégiques pour éclairer la programmation et l’élaboration des politiques à venir.

Champ de l’évaluation

L’évaluation couvrira l’ensemble de la période de mise en œuvre, de juillet 2023 à septembre 2026, ainsi que l’ensemble des sites d’intervention et des populations cibles. Le champ inclut toutes les composantes : activités de prévention et d’atténuation des risques de VBG ; gestion des cas de VBG ; soutien psychosocial ; espaces sûrs pour les femmes et les filles ; engagement communautaire et interventions sur les normes sociales ; distribution de kits de dignité ; assistance monétaire aux survivantes ; prise en charge clinique du viol ; services intégrés de SSR ; systèmes de référencement et mécanismes de coordination ; renforcement des capacités et localisation. Elle examinera les effets attendus et inattendus, positifs et négatifs, ainsi que les facteurs influençant la performance du programme.

Champ géographique

L’évaluation couvrira les zones d’intervention de l’UNFPA suivantes :

  • État de l’Équatoria central : Juba, Maridi et Morobo.
  • État de l’Unité : Bentiu, Leer et Mayom.
  • État du Jonglei : Bor, Fangak et Canal/Pigi.
  • État du Haut-Nil : Malakal, Renk, Nasir, Ulang et Panyikang.
  • Zone administrative de Pibor : Pibor.

Critères et questions d’évaluation

L’évaluation appliquera les critères du CAD-OCDE (Comité d’aide au développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques), adaptés au contexte humanitaire.

  • Pertinence : mesure dans laquelle les objectifs et interventions ont répondu aux priorités, besoins et vulnérabilités des populations affectées, y compris l’adéquation des stratégies, du ciblage et des modalités de prestation.
  • Cohérence : cohérence interne et externe des interventions, notamment l’alignement sur les priorités nationales, les plans de réponse humanitaire, les stratégies de l’UNFPA et les priorités des clusters.
  • Efficacité : mesure dans laquelle les produits et effets prévus ont été atteints, y compris la qualité et l’accessibilité des services.
  • Efficience : utilisation optimale des ressources et obtention des résultats en temps voulu et à moindre coût.
  • Impact : contribution du programme aux changements plus larges dans la vie des populations, des communautés, des institutions et des systèmes.
  • Pérennité : probabilité que les bénéfices, systèmes, capacités et partenariats se poursuivent au-delà du programme.
  • Couverture (critère humanitaire) : mesure dans laquelle les principaux groupes de population en situation de danger vital ont été atteints, en analysant les biais d’inclusion et d’exclusion (par sexe, groupe socioéconomique et appartenance ethnique).
  • Connexité (critère humanitaire) : mesure dans laquelle les activités d’urgence à court terme tiennent compte des problèmes interconnectés de plus long terme (approche de nexus) et de la complémentarité avec les autres partenaires.

Approche et méthodologie

L’évaluation adoptera une approche à méthodes mixtes combinant collecte et analyse de données quantitatives et qualitatives : revue documentaire, entretiens avec des informateurs clés, discussions de groupe, observation directe, consultations des parties prenantes et triangulation des données. L’équipe devra élaborer un cadre méthodologique solide, capable de produire des conclusions crédibles et fiables tout en garantissant une participation significative des parties prenantes et des populations affectées. La méthodologie devra inclure une stratégie d’échantillonnage claire, des mécanismes d’assurance qualité des données, des garde-fous éthiques et des mesures de gestion des limites.

Considérations éthiques

L’évaluation respectera les normes et standards de l’UNEG (Groupe des Nations Unies pour l’évaluation), la politique d’évaluation de l’UNFPA, les recommandations éthiques de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) pour la recherche sur les VBG et les normes éthiques internationalement reconnues. L’équipe garantira le consentement éclairé, la confidentialité, la vie privée, la sécurité, la dignité et la non-discrimination tout au long du processus. Toutes les activités de collecte impliquant des populations vulnérables seront menées de manière à minimiser les risques et à prévenir tout préjudice, et l’équipe mettra en place des mécanismes de référencement appropriés en cas de préoccupations de protection.

Livrables attendus

  • Un rapport de démarrage.
  • Les outils de collecte de données et la matrice d’évaluation.
  • Une présentation de restitution de la mission de terrain.
  • Un projet de rapport d’évaluation.
  • Un atelier de validation avec les parties prenantes.
  • Le rapport d’évaluation final.
  • Un résumé exécutif.
  • Une présentation PowerPoint des principales conclusions et recommandations.

Tous les livrables seront rédigés en anglais.

Assurance et évaluation de la qualité

Le système d’assurance et d’évaluation de la qualité des évaluations (EQAA) de l’UNFPA vise à garantir la production d’évaluations de bonne qualité au travers de deux processus : l’assurance qualité, tout au long du processus, qui prévient la production d’un rapport non conforme aux termes de référence ; et l’évaluation de la qualité, réalisée à l’issue du processus sur le rapport final au regard de critères spécifiques. Le/la chef(fe) d’équipe joue un rôle déterminant et doit veiller à la qualité, de forme et de fond, des contributions de tous les membres. Le rapport final devra notamment comprendre un résumé exécutif autoportant, une description claire du contexte et des parties prenantes, un objet et un champ clairs, une justification de l’approche méthodologique, des constats fondés sur des données probantes, des conclusions étayées, des recommandations priorisées, une structure claire et l’intégration des questions transversales (approche fondée sur les droits humains, égalité de genre, inclusion du handicap, principe de ne laisser personne de côté).

Durée de l’évaluation

L’évaluation devrait être achevée dans un délai de deux mois à compter de la signature du contrat. Le niveau d’effort estimé se situe entre 45 et 60 jours ouvrés. Le calendrier détaillé sera finalisé lors de la négociation du contrat.

Gestion de l’évaluation

L’évaluation sera conduite par une équipe pluridisciplinaire dirigée par un(e) spécialiste principal(e) international(e) de l’évaluation. Collectivement, l’équipe devra démontrer une expertise en matière de VBG en situation d’urgence, de SSR en situation d’urgence, de méthodologies d’évaluation, de localisation, d’inclusion du handicap, de programmation de la protection, d’analyse du contexte sud-soudanais et de méthodes de recherche quantitatives et qualitatives.

Un groupe de référence de l’évaluation (ERG) d’environ cinq membres sera établi pour assurer une supervision stratégique et technique tout au long du processus, à titre consultatif, sans influer sur l’indépendance des constats, conclusions et recommandations de l’équipe. Ses responsabilités incluent la revue du rapport de démarrage, de la méthodologie et des outils, des conseils sur la sélection des parties prenantes et des sites, la facilitation de l’accès aux informateurs clés, la participation aux réunions de consultation, la revue du projet de rapport et l’appui à la diffusion et à l’utilisation des résultats.

Rôles de l’équipe d’évaluation

Chef(fe) d’équipe : responsable de la conception et de la mise en œuvre de l’évaluation, de la production et de la soumission dans les délais de tous les livrables conformément aux termes de référence, de la coordination de l’équipe et de la qualité des produits ; il/elle assurera également le rôle d’expert(e) technique sur l’un des domaines thématiques.

Expert(e) SSR : apporte une expertise en santé sexuelle et reproductive en situation d’urgence et contribue à la conception méthodologique, à la collecte, à l’analyse et à la rédaction.

Expert(e) VBG en situation d’urgence : contribue à la conception méthodologique, à la collecte, à l’analyse et à la rédaction, avec la responsabilité des livrables relevant de son domaine d’expertise.

Qualifications et expérience

Chef(fe) d’équipe :

  • Diplôme universitaire supérieur en sciences sociales, santé publique, études de genre, développement international, affaires humanitaires, évaluation ou domaine connexe.
  • Au moins 10 ans d’expérience à responsabilités croissantes dans la conduite d’évaluations complexes en contexte humanitaire et une expertise avérée en programmation VBG.
  • Solides compétences d’analyse, de facilitation, de rédaction de rapports et de communication.
  • Une expérience au Soudan du Sud ou dans des contextes comparables est fortement souhaitée.
  • Excellente maîtrise de l’anglais écrit et parlé.

Expert(e) SSR :

  • Master en santé publique, médecine, économie et financement de la santé, épidémiologie, biostatistique, sciences sociales ou domaine connexe.
  • 5 à 7 ans d’expérience dans la conduite d’évaluations, revues, études ou travaux de suivi-évaluation dans le développement international et/ou l’aide humanitaire.
  • Bonne connaissance de la SSR, des cadres humanitaires, du droit international humanitaire et des mécanismes de coordination.
  • Capacité à garantir l’éthique et l’intégrité du processus (confidentialité, principe de ne pas nuire) et à intégrer les droits humains et le genre.
  • Solide maîtrise des approches et méthodes d’évaluation (qualitatives et quantitatives).
  • Bonne connaissance du contexte du Soudan du Sud ; la familiarité avec l’UNFPA ou d’autres organisations onusiennes est un atout.
  • Excellente maîtrise de l’anglais écrit et parlé.

Expert(e) VBG en situation d’urgence :

  • Master en études des femmes/de genre, droit des droits humains, sciences sociales, études du développement ou domaine connexe.
  • 5 à 7 ans d’expérience dans la conduite d’évaluations, revues, études ou travaux de suivi-évaluation dans le développement international et/ou l’aide humanitaire.
  • Connaissance approfondie des VBG et des pratiques néfastes (mariages d’enfants, précoces et forcés, masculinités, programmation adolescents et jeunes).
  • Bonne connaissance des cadres humanitaires, du droit international humanitaire et des mécanismes de coordination.
  • Capacité à garantir l’éthique et l’intégrité du processus et à intégrer les droits humains et le genre.
  • Solide maîtrise des approches et méthodes d’évaluation et excellentes compétences analytiques.
  • Bonne connaissance du contexte du Soudan du Sud ; la familiarité avec l’UNFPA ou d’autres organisations onusiennes est un atout.
  • Excellente maîtrise de l’anglais écrit et parlé.

Budget et modalités de paiement

Le paiement des honoraires sera fondé sur la soumission des livrables :

  • À l’approbation du rapport de démarrage : 20 %.
  • À la soumission d’un projet de rapport final de qualité satisfaisante : 40 %.
  • À l’approbation du rapport final et de la présentation PowerPoint des résultats : 40 %.

Comment postuler

Toutes les candidatures doivent être soumises via le portail UNGM. Une fois sur le portail, recherchez l’appel à l’aide du numéro de réquisition UNFPA-SSD-00003 ou en saisissant UNFPA. Vous serez dirigé(e) vers l’opportunité dans le système Quantum, où vous pourrez compléter et soumettre votre candidature (la création préalable d’un compte Quantum est nécessaire).

Les soumissionnaires intéressés fourniront : une proposition technique présentant la méthodologie et le plan de travail ; une proposition financière ; les CV des membres de l’équipe proposée ; des exemples de rapports d’évaluation antérieurs ; et des références de missions précédentes. L’UNFPA se réserve le droit de demander des documents complémentaires durant le processus de passation.

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