Description de la mission
Objectif de la mission
L’intégration institutionnelle des acteurs étant un enjeu essentiel pour le développement durable du secteur de la pêche conformément aux objectifs de la SNEB, le projet « Économie Bleue, Pêche et Aquaculture » visera quatre activités, visant à :
- Renforcer les structures professionnelles de la pêche et de l’aquaculture, y compris les coopératives, dans leur développement ;
- Appuyer et accompagner les chambres de pêche et d’aquaculture ;
- Permettre la montée en compétence des acteurs via l’appui-conseil ;
- Renforcer le laboratoire national via la procédure d’accréditation.
À terme, la légitimité et l’implication des structures professionnelles au sein des instances de gouvernance de la filière et, plus largement, de l’économie bleue seront renforcées.
L’objectif de la mission sera de :
- Accompagner la mise en œuvre du plan d’action validé pour les coopératives et les autres organisations professionnelles à travers ses activités ;
- Accompagner la mise en œuvre du plan d’action validé pour les chambres de pêche et d’aquaculture, la montée en compétence des dirigeants du réseau CAPA-CWPA, la réalisation des missions de sujétion et diversifiées ;
- Mettre en place le réseau d’appui-conseil pêche-aquaculture animé localement par les CWPA ;
- Réunir les conditions favorables afin que le laboratoire national puisse engager et réussir la procédure d’accréditation.
Résultats attendus de la mission
La professionnalisation élargie du réseau CAPA-CWPA à l’ensemble des wilayas littorales
À cet effet, l’expert s’appuiera sur les réussites capitalisées du premier parcours au bénéfice des 8 wilayas pilotes pour accompagner et optimiser le parcours de montée en compétence des dirigeants des 6 autres wilayas littorales afin qu’il permette :
- D’affiner la vision stratégique au niveau national mais également au niveau local, dans une vision partagée optimale du binôme président-directeur wilaya par wilaya ;
- De maîtriser toute la diversité des missions possibles à travers l’appropriation et l’optimisation du statut EPIC ;
- De développer les possibilités de mutualisation inter-wilayas à travers l’organisation d’ateliers thématiques.
Le renforcement des capacités d’intervention et de conseil des chambres
- Par la mise en place et l’implémentation du dispositif d’appui-conseil pêche-aquaculture qui sera animé par les CWPA dans le cadre de leurs missions ;
- L’identification et la nomination des Maîtres Formateurs ;
- L’identification et la désignation de conseillers polyvalents pour la pêche d’une part, l’aquaculture d’autre part, parmi les agents (présents ou à recruter) dans les CWPA, dans les institutions partenaires comme les écoles de pêche, les DPA, certaines associations professionnelles ;
- La formation des agents aux différents modules les concernant dans le cadre du dispositif d’appui-conseil, notamment en matière :
- de réglementation et procédures, en particulier pour l’accompagnement et la structuration des pêcheurs professionnels ;
- de mise en réseau des professionnels et de leurs groupements ;
- de vulgarisation, de transfert et de circulation des informations dans le secteur de la pêche et de l’économie bleue.
Émergence et développement des coopératives et organisations professionnelles de la pêche et de l’aquaculture (OP)
- La poursuite de la mise en œuvre du plan d’action coopératif en capitalisant sur les acquis de la première phase (autopromotion coopérative, coaching de 13 coopératives pilotes, voyage d’étude en Italie), comprenant :
- La sensibilisation de l’écosystème institutionnel des coopératives dans les wilayas ;
- L’organisation de la formation des conseillers du DACPA au monitoring coopératif ;
- L’organisation de la formation des responsables coopératifs à la gouvernance coopérative ;
- L’appui à la mise en réseau (networking) et la coopération entre coopératives (unions et fédérations).
- Le renforcement des organisations professionnelles :
- L’organisation de la formation des conseillers du DACPA au monitoring associatif ;
- L’organisation de la formation des responsables associatifs à la gouvernance associative ;
- L’organisation de l’appui à certaines missions d’intérêt général initiées par les associations professionnelles (mise en place de récifs, etc.) ;
- L’organisation de l’appui à la mise en réseau des organisations professionnelles aux niveaux local, régional et national, sur des bases thématiques ou territoriales.
Appui à la procédure d’accréditation du laboratoire national de la pêche
En capitalisant sur les besoins d’accompagnement identifiés lors de la phase précédente, il reste à : coordonner le lancement et le suivi-réception des marchés d’équipements, réactifs et services ; conduire la négociation avec l’organisme national d’accréditation ALGERAC ; superviser l’accompagnement à l’accréditation ; appuyer le laboratoire à devenir tête de réseau national dans la thématique.
Livrables de la mission
À l’issue de cette activité, les livrables suivants sont attendus. Tableau de correspondance entre les résultats attendus et les livrables associés :
| Résultat attendu | Livrable(s) associé(s) |
|---|---|
| R1. Professionnalisation élargie du réseau CAPA-CWPA | |
| Affiner la vision stratégique (national et local) | Évaluation de l’appropriation par les dirigeants du parcours de montée en compétence (vision stratégique / développement ROI / statut EPIC / mutualisation inter-wilayas) |
| Maîtriser la diversité des missions via le statut EPIC | Benchmark de l’utilisation du statut EPIC |
| Développer la mutualisation inter-wilayas (ateliers thématiques et territoriaux) | Comptes rendus des ateliers de mutualisation ; cartographie des ressources humaines mutualisables ; accord(s) de mutualisation formalisé(s) entre wilayas |
| R2. Renforcement des capacités d’intervention et de conseil des chambres | |
| Mise en place du dispositif d’appui-conseil animé par les CWPA | Note de cadrage / procédure du dispositif d’appui-conseil pêche-aquaculture, validée par les CWPA (intégrant notamment les enjeux de continuité du dispositif sur les plans financier, organisationnel et opérationnel) |
| Identification et nomination des Maîtres Formateurs | Liste des Maîtres Formateurs identifiés et validés |
| Identification et désignation des conseillers polyvalents | Liste des conseillers polyvalents (pêche / aquaculture) désignés par CWPA |
| Formation des agents (réglementation, mise en réseau, vulgarisation) | Rapport de formation des agents, avec contenu didactique et évaluation ante / ex-post |
| R3a. Coopératives – poursuite du plan d’action coopératif | |
| Sensibilisation de l’écosystème institutionnel des coopératives dans les wilayas | Rapport de sensibilisation par wilaya (nombre de sessions, participants) |
| Formation des conseillers DACPA au monitoring coopératif | Rapport de formation incluant : évaluation ante et post / programmes et supports de formation pour le monitoring des coopératives |
| Formation des responsables coopératifs à la gouvernance coopérative | Rapport de formation incluant : évaluation ante et post / programmes et supports de formation pour la gouvernance des coopératives |
| Appui à la mise en réseau et à la coopération entre coopératives (unions, fédérations) | Accord(s) de mutualisation / coopération inter-coopératives formalisé(s) ; revue des organigrammes concernés |
| R3b. Organisations professionnelles – renforcement des OP | |
| Formation des conseillers DACPA au monitoring associatif | Rapport de formation incluant : évaluation ante et post / programme et supports de formation pour le monitoring des associations |
| Formation des responsables associatifs à la gouvernance associative | Rapport de formation incluant : évaluation ante et post / programme et supports de formation pour la gouvernance des associations |
| Appui à certaines missions d’intérêt général initiées par les associations (ex. récifs) | Rapport(s) de mise en œuvre des missions d’intérêt général appuyées |
| Appui à la mise en réseau des OP (local, régional, national) | Cartographie / annuaire du réseau OP ; comptes rendus des actions de mise en réseau |
| R4. Appui à la procédure d’accréditation du laboratoire national | |
| Coordonner le lancement et le suivi-réception des marchés (équipements, réactifs, services) | Cahier des charges d’équipements validé ; PV de réception des marchés |
| Conduire la négociation avec ALGERAC | Compte rendu des échanges avec ALGERAC ; dossier de candidature à l’accréditation déposé |
| Superviser l’accompagnement à l’accréditation | Procédures opératoires normalisées (SoP) pour la mise en œuvre des nouvelles accréditations |
| Appuyer le laboratoire à devenir tête de réseau national | Plan d’action / feuille de route pour la mise en réseau national du laboratoire |
Indicateurs de résultat direct de la mission
Les indicateurs suivants devront être renseignés dans le rapport de mission :
- Nombre de dirigeants de CWPA formés ;
- Nombre de formateurs, agents et conseillers identifiés pour le DACPA ;
- Nombre de participants aux ateliers, réunions et manifestations liées au plan d’action coopératif ;
- Nombre de projets coopératifs coachés ;
- Taux ou nombre de réalisation des initiatives de coopération entre coopératives ;
- Taux de réalisation de la procédure d’accréditation du LNCPPASM (jalons franchis : dossier technique déposé, audit initial réalisé, plan d’actions correctives engagé).
Sources de vérification : comptes rendus des interventions, feuilles de présence, enquêtes.
Description du projet ou contexte
Présentation du programme
L’objectif général du projet « Économie Bleue, Pêche et Aquaculture » est de contribuer au développement économique de l’Algérie en développant durablement l’Économie Bleue (EB), notamment dans le secteur de la pêche et de l’aquaculture, en cohérence avec les actions que le Gouvernement algérien sera amené à lancer au titre de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale pour l’Économie Bleue (SNEB).
La logique d’intervention du projet s’articule autour des actions phares prévues par la SNEB avec une attention particulière portée au développement des activités de pêche et d’aquaculture. Il s’agit d’un secteur clé réparti sur l’ensemble de la bande côtière du pays (plus de 2 000 km) et capable de fédérer l’ensemble des intervenants sectoriels de l’EB. Le présent programme a pour but d’accompagner le développement des opportunités économiques du secteur au profit des communautés côtières, d’une utilisation rationnelle des ressources et de la sauvegarde de l’environnement.
Le projet « Économie Bleue – Pêche et Aquaculture » vient ainsi appuyer l’opérationnalisation de la SNEB-2030 autour de trois objectifs spécifiques (OS) et dix résultats :
- OS1 – L’économie bleue soutient la création d’emplois, de valeur et de nouvelles opportunités d’investissement au profit des communautés côtières par la diversification des services, l’innovation, la mise en place de la Planification des Espaces Maritimes (PEM) et la promotion de l’aquaculture marine et continentale ;
- OS2 – Les revenus et les conditions de travail des pêcheurs artisans sont améliorés ;
- OS3 – L’Algérie dispose des capacités opérationnelles pour assurer le suivi, le contrôle et la gestion de la pêche sur l’ensemble de son territoire, en répondant aux définitions et exigences d’encadrement et de rapportage auprès des instances régionales de régulation (CGPM, CICTA).
Pour l’atteinte de l’OS2, il apparaît essentiel d’œuvrer, dans un premier temps, au renforcement (I) des structures professionnelles par un appui aux initiatives économiques et (II) de la gouvernance par un appui et un accompagnement des chambres de pêche et d’aquaculture. Cela permettra, dans un deuxième temps, une meilleure représentativité des professionnels au sein de leurs instances représentatives, ainsi qu’une plus grande implication dans les processus de prise de décisions.
Contexte de la mission
Avec une façade maritime de 2 148 km, 46 ports de pêche, plus de 60 plages d’échouage et abris de pêche et plus de 60 entreprises privées du secteur de l’aquaculture marine et continentale (source SD-STAT – MPPH), l’Algérie vise à l’horizon 2035 à atteindre une production annuelle halieutique de 200 000 tonnes (dont 100 000 tonnes issues de l’aquaculture et 20 000 tonnes supplémentaires à travers le développement de la pêche hauturière et l’exploitation de nouvelles espèces) ainsi que la création de 33 000 nouveaux emplois dans le secteur de la pêche (plan Aquapêche 2020 élaboré en 2014).
À travers le Schéma Directeur de Développement des Activités de Pêche et d’Aquaculture à l’horizon 2025 (SDDAPA), entré en vigueur en 2007, et le Plan AQUAPÊCHE 2020, couvrant la période 2015-2020, le gouvernement algérien a décidé d’en faire un secteur stratégique de diversification économique et de développement local. Ces plans doivent contribuer à renforcer la sécurité alimentaire durable et le développement des systèmes productifs locaux avec trois objectifs spécifiques :
- Améliorer la disponibilité des produits de la pêche et de l’aquaculture d’importance pour la consommation alimentaire ;
- Consolider, préserver les emplois et améliorer les dispositifs de protection sociale pour les professionnels ;
- Développer les moyens, les instruments de gestion durable et partager les ressources halieutiques.
La mise en œuvre du Plan Aquapêche s’appuie en partie sur la mobilisation et le travail de la profession, dont l’organisation se structure principalement autour, d’une part, des Chambres de pêche et d’aquaculture avec ses trois composantes (la Chambre Algérienne de Pêche et d’Aquaculture – CAPA, les Chambres de Wilayas de Pêche et d’Aquaculture – CWPA et les Chambres Inter-Wilayas de Pêche et d’Aquaculture – CIWPA) et, d’autre part, des Groupements ou Organisations Professionnelles (OP), principalement de type associatif.
Les chambres de pêche et d’aquaculture disposent du statut d’Établissement Public à caractère Industriel et Commercial (EPIC) et sont dotées de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Elles sont sous la tutelle du Ministère de la Pêche et des Productions Halieutiques (MPPH) et sont régies par le décret exécutif n° 02-304 du 28/09/2002, modifié et complété par le décret exécutif n° 14-331 du 27/11/2014 et par les différents arrêtés du Ministère de l’agriculture, du développement rural et de la pêche du 7 janvier 2017. Leurs missions sont assurées par deux catégories de ressources humaines : (i) les membres élus des bureaux (notamment président et vice-président) et (ii) l’équipe administrative (fonctionnaires permanents et fonctionnaires contractuels).
Les Groupements ou Organisations Professionnelles (OP) n’étaient, jusqu’à fin 2022, représentés que par des associations professionnelles recensées au nombre de 106 par le MADRP. Ces associations sont encadrées par la Loi n° 12-06 du 12 janvier 2012 relative aux associations, qui détermine les conditions et modalités de leur constitution, leur organisation et leur fonctionnement ainsi que leur champ d’application.
Depuis novembre 2022 et la publication du Décret exécutif n° 22-405 du 24 novembre 2022 relatif aux coopératives de pêche et/ou d’aquaculture, 27 structures coopératives ont été créées à ce jour (source MPPH). Ces dernières sont des groupements de personnes physiques ou morales réunies volontairement pour satisfaire leurs aspirations et besoins socio-économiques communs et fondés sur la solidarité professionnelle de leurs membres. La coopérative est à personnel et capital variables, dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière, et ne poursuit pas de but lucratif. Ce modèle fait l’objet d’une action spécifique dans le cadre du programme EB et devra être considéré par la présente mission, en lien avec l’expert référent pêche/aquaculture, afin d’assurer une coordination et une cohérence des activités engagées sur le renforcement institutionnel du secteur pêche.
Profil souhaité
Expert international en accompagnement des organisations professionnelles. Catégorie de l’expert : expert senior (plus de 10 ans d’expérience).
Qualifications et compétences
- Diplôme universitaire (Bac+5 minimum) en sciences sociales, sciences politiques, économie, gestion de projet, management, management international, développement rural, ou expérience équivalente de plus de 10 ans dans ces domaines ;
- Parfaite maîtrise de la langue française (orale et écrite), la maîtrise de l’arabe est un atout ;
- Pratique de l’élaboration de rapports et/ou de documentation technique ;
- Maîtrise de l’outil informatique (MS Office : Word, Excel, PowerPoint, etc.).
Expérience générale
- Expérience minimale de 10 ans en renforcement des organisations professionnelles et spécifiquement des coopératives, du secteur de la pêche, de l’aquaculture, de l’agriculture, ou au sein d’une organisation intermédiaire d’appui ou de représentation du secteur privé.
Expérience spécifique
- Une expérience minimale de 5 ans en matière de création, gestion, suivi et/ou évaluation d’organisations professionnelles et de coopératives en particulier ;
- Une expérience minimale de 5 ans dans l’accompagnement de microprojets de structuration économique comprenant les projets coopératifs ;
- Une expérience ou connaissance du contexte maghrébin et du bassin méditerranéen est un atout ;
- Une expérience préalable sur des enjeux d’accréditation (qualité, laboratoires, certification type ISO/CEI 17025) est requise, au regard du volet d’appui à l’accréditation du LNCPPASM.
Informations complémentaires
Déroulement et calendrier de la mission
Sous la supervision de l’expert national pêche-aquaculture, la mission sera réalisée par un expert international perlé, au cours de la période d’août 2026 à juillet 2027 (12 mois au total). Un budget de 90 H/J est provisionné, incluant le temps nécessaire aux déplacements et à la rédaction des rapports de mission. La date de démarrage de la mission est prévue pour août 2026. La mission est réalisée principalement en télétravail, avec des déplacements ponctuels à Alger et dans les régions concernées pour des missions spécifiques sur le terrain.
Langue de travail
Le français est la langue de travail de la mission. Les rapports de mission et tous les documents annexés sont rédigés en langue française.
Autres
Toute candidature devra être accompagnée d’un CV au modèle UE et d’une note méthodologique.
Critères de sélection des candidatures
Le processus de sélection s’opérera selon les critères suivants :
- Formation, compétences et expériences du candidat ;
- Formation et diplômes du candidat en lien avec la mission d’expertise.