Objet de la consultance
Cette consultance a pour objet d’accompagner l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) et ses partenaires dans l’élaboration d’une stratégie et d’une feuille de route régionales 30×30 pour l’océan Indien occidental (WIO) — concrète, ambitieuse et orientée vers l’action — identifiant des voies tangibles et reproductibles à grande échelle pour que la région accélère sa progression vers la conservation et la gestion efficace d’au moins 30 % des aires marines et côtières d’ici 2030.
À quatre années seulement de l’échéance de 2030, la mission s’appuiera sur les travaux déjà conduits dans le cadre du projet ReSea (Regenerative Seascapes for People, Climate and Nature) : échanges régionaux d’apprentissage, feuilles de route nationales et discussions stratégiques associant gouvernements, communautés locales et parties prenantes clés du Kenya, de la Tanzanie, du Mozambique, de Madagascar et des Comores.
Le consultant examinera et valorisera ces travaux existants, appréciera les enseignements tirés et les progrès accomplis, et proposera des actions et mécanismes concrets d’accélération. La mission évaluera plusieurs voies possibles vers l’objectif 30×30 : paysages marins régénératifs, grandes « autres mesures de conservation efficaces par zone » marines (OECM), aires marines gérées localement (LMMA), conservation marine communautaire, aires marines protégées et autres approches pertinentes.
La consultance produira également une boîte à outils « paysages marins régénératifs », pratique et graphiquement soignée, capitalisant sur les enseignements du projet ReSea et du programme Résilience côtière et océanique de l’UICN ESARO.
À propos de l’UICN
L’UICN est une Union de membres, composée à la fois d’organisations gouvernementales et d’organisations de la société civile. Créée en 1948, elle constitue aujourd’hui le plus vaste et le plus divers réseau environnemental au monde, mobilisant les connaissances, les ressources et la portée de plus de 1 400 organisations membres et d’environ 15 000 experts. Elle est un fournisseur de référence de données, d’évaluations et d’analyses sur la conservation, et offre un espace neutre où gouvernements, ONG, scientifiques, entreprises, communautés locales et organisations de peuples autochtones peuvent bâtir ensemble des solutions.
Le projet ReSea et la Grande Muraille Bleue
Mission Inclusion et l’UICN mettent en œuvre le projet ReSea en partenariat avec des organisations féministes locales au Kenya, en Tanzanie, au Mozambique, à Madagascar et aux Comores. Financé par Affaires mondiales Canada dans le cadre de l’initiative « Partenariat pour le climat », il vise à renforcer la résilience physique et socio-économique des communautés côtières de ces cinq pays, en accélérant l’adoption de solutions fondées sur la nature et de pratiques de conservation sensibles au genre, afin de protéger, restaurer et gérer durablement les écosystèmes marins et côtiers et de libérer le potentiel d’une économie bleue régénératrice.
Le projet contribue à l’initiative Grande Muraille Bleue, portée par l’océan Indien occidental, structurée autour de quatre piliers alignés sur le Cadre mondial de la biodiversité et l’Accord de Paris : Blue Planet (gestion et gouvernance des aires marines protégées et conservées), Blue Nature (restauration et conservation des écosystèmes critiques par des solutions fondées sur la nature sensibles au genre), Blue People (économie bleue inclusive et régénératrice au bénéfice des communautés, en particulier des femmes et des jeunes) et Blue Partnerships (renforcement de la connectivité sociale, écologique, institutionnelle et géographique).
Description de la mission
- Concevoir et mettre en œuvre un processus intensif et participatif de consultation et de mobilisation des parties prenantes clés de l’océan Indien occidental.
- Associer, selon les besoins, représentants gouvernementaux, communautés locales et leurs organisations, organisations de la société civile, experts techniques, institutions régionales et praticiens de la conservation au Kenya, en Tanzanie, au Mozambique, aux Comores et à Madagascar.
- Examiner et valoriser les travaux régionaux et nationaux existants liés à l’objectif 30×30 — stratégies, feuilles de route, cadres, initiatives, processus de politique publique et de planification — afin de bâtir sur l’existant plutôt que de le dupliquer.
- Recenser et capitaliser les travaux menés par les acteurs de la région sur les paysages marins : approches, cadres, méthodologies, modèles de gouvernance, initiatives et expériences pratiques.
- Recourir aux consultations, entretiens, discussions de groupe, ateliers ciblés ou réunions virtuelles pour valider les enseignements, identifier les obstacles et les opportunités, apprécier la faisabilité des différentes voies et garantir que la stratégie, la feuille de route et la boîte à outils reflètent les priorités et l’expérience régionales.
- Élaborer la stratégie et la feuille de route régionales 30×30 ainsi que les méthodologies et le contenu de la boîte à outils.
1. Examiner et capitaliser les travaux existants
Revue, cartographie et consolidation des travaux menés dans le cadre de ReSea et d’autres initiatives pertinentes, ainsi que des stratégies, feuilles de route, plans, cadres et initiatives liés à l’objectif 30×30 aux niveaux régional et national : échanges d’apprentissage des Fidji et d’Indonésie ; expériences du paysage marin de Lau (Fidji) et de Bird’s Head (Indonésie) ; feuilles de route nationales des cinq pays ReSea ; cadre stratégique régional ; stratégies nationales existantes, dont la stratégie 30×30 de Madagascar ; progrès accomplis depuis ces processus ; enseignements, défis et opportunités ; cartographie des parties prenantes.
2. Évaluer les voies stratégiques d’accélération du 30×30
- Grands paysages marins : apprécier la marche à suivre pour leur établissement et leur mise à l’échelle dans la région — enseignements des Fidji et d’Indonésie, progrès nationaux, modèles de gouvernance possibles, exigences juridiques et institutionnelles, mécanismes de financement et de pérennisation, opportunités de pilotes et recommandations pratiques.
- Grandes OECM marines : évaluer, comme voie distincte, leur faisabilité et leur contribution potentielle, en s’appuyant sur l’expérience internationale — en particulier celle des Philippines — et en examinant les cadres juridiques et politiques, les dispositifs de gouvernance et de gestion, les exigences techniques, scientifiques, spatiales et de données, les processus d’évaluation et de reconnaissance et les obligations de rapportage national et international.
- Autres voies : LMMA, conservation et gouvernance marines communautaires, aires marines protégées, autres OECM, réformes juridiques et politiques, innovations de gouvernance et mécanismes de financement.
3. Développer la boîte à outils « paysages marins régénératifs »
En travaillant étroitement avec le programme Résilience côtière et océanique de l’UICN ESARO et les équipes des cinq pays, le consultant documentera les enseignements pratiques (définition des paysages marins régénératifs, approches appliquées, succès et difficultés, modèles de gouvernance, participation et appropriation communautaires, approches de conservation et d’usage durable, financement et investissement, dispositions politiques et institutionnelles, opportunités de réplication).
La boîte à outils fournira des orientations pratiques, étape par étape, selon une méthodologie accessible de type « fiches-recettes ». Conçue pour un large public — communautés locales, praticiens, décideurs, scientifiques — elle permettra de mobiliser les méthodes utiles à chaque contexte sans imposer l’adoption de l’approche complète. Elle devra être professionnellement conçue et visuellement engageante.
4. Élaborer la stratégie et la feuille de route régionales 30×30
La stratégie doit énoncer une vision régionale claire, identifier les voies stratégiques prioritaires, proposer des actions tangibles, définir les priorités nationales et régionales, proposer des actions juridiques et politiques, recommander des mécanismes de gouvernance et institutionnels, identifier les opportunités de financement et d’investissement, proposer des pilotes prioritaires, identifier les acteurs et partenariats clés, fixer des jalons et un séquencement, et fournir une feuille de route opérationnelle jusqu’en 2030. L’accent doit porter sur des actions concrètes et applicables, et non sur de seules recommandations générales.
Livrables et échéancier de paiement
- Livrable 1 — 31 octobre 2026 (20 %) : état des lieux 30×30 et paysages marins de l’océan Indien occidental, enseignements tirés et évaluation stratégique, incluant revue et cartographie des stratégies, feuilles de route, cadres et initiatives régionaux et nationaux, travaux ReSea, échanges des Fidji et d’Indonésie, feuilles de route nationales, cadre stratégique régional, travaux des acteurs clés, progrès à ce jour, cartographie des parties prenantes et méthodologie détaillée.
- Livrable 2 — 20 novembre 2026 (25 %) : évaluation des voies et opportunités 30×30, avec des appréciations distinctes des grands paysages marins et des grandes OECM marines, ainsi que des LMMA, de la conservation communautaire, des autres OECM, des aires marines protégées et des mécanismes juridiques, de gouvernance, politiques et financiers pertinents.
- Livrable 3 — 5 décembre 2026 (25 %) : projet de boîte à outils « paysages marins régénératifs », méthodologie pratique et graphiquement conçue documentant les enseignements de ReSea et fournissant orientations et outils pour la conception, l’établissement, la gouvernance, la mise en œuvre, le financement et la mise à l’échelle.
- Livrable 4 — 15 décembre 2026 (30 %) : stratégie régionale 30×30 et feuille de route de mise en œuvre finales, et boîte à outils finale, incluant une feuille de route priorisée sur quatre ans, des recommandations sur les différentes voies stratégiques, les actions juridiques et de gouvernance proposées, les opportunités de financement, les pilotes prioritaires et les prochaines étapes tangibles vers 2030. Un webinaire régional de restitution sera organisé et animé par le consultant.
Compétences et expérience recherchées
L’équipe de consultants doit démontrer collectivement :
- un chef d’équipe senior disposant d’une expertise avérée des grands paysages marins et des approches par paysage marin ;
- une expérience approfondie de la conservation marine, de la gouvernance des océans et de la conservation par zone ;
- une expérience de la conception, de la gouvernance et de la mise en œuvre de grands paysages marins ;
- une solide connaissance et une expérience pratique de la région de l’océan Indien occidental ;
- une expérience du travail avec les gouvernements, les communautés locales, la société civile et les organisations régionales ;
- une bonne maîtrise du Cadre mondial de la biodiversité et de l’objectif 30×30 ;
- une expertise des OECM, des aires protégées et conservées et des autres approches de conservation par zone ;
- une connaissance de la conservation menée par les communautés, des LMMA et de la gouvernance marine communautaire ;
- une expertise des politiques, du droit et des cadres institutionnels marins ;
- une expérience de la planification stratégique et de l’élaboration de feuilles de route opérationnelles ;
- une solide expérience des consultations multi-acteurs, de la facilitation et des processus participatifs ;
- une expérience de la production de produits de connaissance, de méthodologies et de boîtes à outils.
La présence dans l’équipe d’un expert ayant une expérience directe de l’approche philippine des grandes OECM marines — ou d’une connaissance approfondie de cette expérience et de sa transposabilité — constituera un atout fort.
L’équipe doit également comprendre un spécialiste de la communication, de la gestion des connaissances et/ou du design graphique, justifiant d’une expérience de la production de boîtes à outils, produits de connaissance, guides pratiques, publications et supports visuels de haute qualité.
Sont également attendus : d’excellentes capacités d’analyse et de rédaction, une aptitude à synthétiser des apports techniques et des contributions de parties prenantes complexes en stratégies et recommandations opérationnelles, de solides capacités de gestion de projet et de coordination, une excellente maîtrise de l’anglais (la connaissance du français et/ou du portugais constituant un atout compte tenu de la diversité linguistique de la région) et un diplôme universitaire supérieur en conservation marine, gouvernance des océans, politique environnementale, gestion des ressources naturelles, géographie, écologie ou discipline connexe.
Supervision et coordination
La consultance sera supervisée conjointement par le responsable régional Gouvernance côtière et océanique et le responsable régional Science bleue et innovation économique de l’UICN. Le consultant travaillera en étroite collaboration avec l’équipe « paysages marins » du programme Résilience côtière et océanique de l’UICN ESARO dans les cinq pays ReSea, ainsi qu’avec le chargé d’impact et la chargée de communication océan de la région pour la conception de la boîte à outils.
Durée et lieu d’exécution
La période principale de la consultance court du 9 octobre au 15 décembre 2026, date à laquelle l’ensemble des quatre livrables doit être remis. Le consultant poursuivra ensuite un appui technique et de mise en œuvre convenu jusqu’au 28 février 2027, axé sur la socialisation et la mise en œuvre précoces de la stratégie et de ses actions prioritaires. La mission peut être conduite à distance ; tout déplacement sera convenu au préalable avec l’UICN.
Modalités de soumission
Les candidatures sont à déposer via le portail des achats de l’UICN, au plus tard le 6 octobre 2026.